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L’essentiel

Je remarque qu’il est rare que l’on nous demande comment et quand nous avons appris la trisomie de Clémence. Quand le sujet est abordé, c’est que nous avons déjà pu tisser quelques liens de confiance, ou bien parce que la personne en face est directement concernée par le handicap et la discussion devient alors naturelle. 
J’imagine que cette réserve est une simple marque de délicatesse plutôt qu’un désintérêt. Il ne doit pas être si facile d’aborder un sujet, qui pourrait faire remonter de vifs souvenirs intimes qui sont en grande partie très certainement douloureux. La peur de blesser ou d’être maladroit font que ce sujet est souvent détourné ou pas du tout abordé. Et au fond cela me dérange un peu !
Même si c’est un exercice difficile de raconter mon histoire et d’en donner certains détails. 
Même si chacun de mes mots laissent un trémolo dans ma voix.
Même si je dois me concentrer pour ne pas me faire engloutir dans la spirale de mes émotions, qui ressurgissent et me happent. 
Même si j’appréhende les questions qui arrivent alors doucement et qui sont très souvent les mêmes :
« Tu n’as rien su pendant la grossesse? »
« Tu avais fait la prise de sang de dépistage ? »
« Tu n’avais rien remarqué à la naissance ?»
« Tu l’as appris comment ? »
Même si le sujet est abordé maladroitement, je préfère mille fois que l’on ose! 
Rien ne me fera jamais plus plaisir que de parler de ma Clémence, pouvoir raconter, pouvoir témoigner. 
Oui c’est vrai « cette annonce » restera très certainement toujours difficile, mais elle marque aussi le début d’une nouvelle vie. Ma vie, notre vie et ce « après » est finalement l’essentiel! 

Agnès

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