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Quelques murmures

La joie de fêter ton anniversaire est passée. 
Nous sommes le 11 décembre, deux jours après ta naissance ma Clémence, jour de l’annonce de ta trisomie…
Il y a des dates lourdes de souvenirs,  
qui nous pourchassent comme un fantôme et s’incrustent en nous alors qu’on aimerait tellement les oublier. 
Chaque 11 décembre depuis 13 ans, je me sens comme vidée, impuissante devant mes propres pensées et mes sentiments qui tournent et tournent comme un moulin et me retourne le cœur douloureusement. 

Quel grand fossé sépare la maman que j’étais à ta naissance ma douce Clémence, et celle que je suis devenue aujourd’hui, en partie grâce à toi.

Je ne peux m’empêcher de repenser à cette maman. 
A cette maman, meurtrie et fragilisée par la découverte de la trisomie de sa fille. 
A cette maman, écrasée par le choc de l’annonce et cette crainte du handicap, qui résonne malgré elle comme « un poids ».
A cette maman, sonnée par le gong de ce trop plein d’émotions, qui n’arrive pas à leur trouver de justes places. 
A cette maman, tourmentée par cette vie nouvelle qui se présente brutalement à elle, et avec laquelle elle ne sait comment faire. 
A cette maman, terrassée par le flot de ses larmes qui se débat, pour ne pas sombrer dans les ténèbres de la peur. 
A cette maman,qui semble écorchée, effrayée et perdue.

Et pourtant…  
C’est aussi cette maman, qui a pu se défaire de toutes ses chaînes, pour accepter que tout ne soit pas si parfait et lisse comme elle l’aurait désiré. 
C’est cette maman, qui s’est plongée aveuglement et entièrement corps et âme, dans la confiance et l’acceptation. 
C’est cette maman, qui a laissé s’envoler doucement toutes ses appréhensions, pour aimer ta vie plus que la sienne.
C’est cette maman, qui a senti au plus profond d’elle, une immense vague de tendresse l’envahir chaque jour un peu plus. 
C’est cette maman, qui a eu envie de se laisser porter, dans cette vie aux aspects imparfaits et pourtant si doux.
C’est cette maman, qui a appris auprès de toi, que le don de soi pouvait faire le bonheur de l’autre. 
C’est cette maman, qui a travers tes yeux, à trouver la force de défendre la vie même des plus fragiles.
C’est cette maman, qui au fil des années a découvert l’innombrable richesse de tous tes trésors. 
C’est cette maman, qui s’est imprégnée de ta différence, pour en être comblée de tant de grâces. 
C’est cette maman, qui a compris que le véritable bonheur ne pouvait se trouver autrement que dans l’amour. 

Alors je te murmure ma Clémence, tous ces « merci » et ces « je t’aime » qu’une maman ne dira jamais assez.

Agnès

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