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La claque!

Coup de mou, Il y a des jours plus difficiles que d’autres.

Nos enfants porteur de la trisomie grandissent et vient le temps des angoisses de la scolarisation. Comme beaucoup de parents, diverses questions fusent et s’emmêlent. Comment et où trouver l’établissement qui nous semble le plus adapté et conforme aux besoins de notre cher enfant? 
Pour Clémence nous avons plutôt été de ce côté là très gâtés! Deux années en maternelle puis le bonheur et le soulagement de connaître la petite école « aime la vie ». Sept années faciles où, notre Clémence s’est épanouie tout en apprenant de nombreuses choses. 
Puis, dans un déroulement logique est venu le moment de quitter le cocon si douillet de cette école familiale que nous aimions tant, pour un nouvel établissement. 
C’est totalement confiants que nous nous sommes tournés vers une école privé au concept bienveillant qui nous a tout de suite enchanté. Une classe pour enfants trisomiques dans un établissement classique, avec deux institutrices souriantes , plusieurs avs, pour seulement 5 élèves, le luxe, le rêve! Aucune inquiétude, c’est certain notre Clémence y sera bien. 
Uniforme élégant et cartable sur le dos Clémence prend ce nouveau chemin. Mais néanmoins quelques difficultés de comportement pointent le bout de leur nez, liés certainement aux changements et aussi au caractère plutôt bien trempé de notre Clémence ! 
Les semaines passent et les complications arrivent en vagues…
Je déchante. 
Clémence se met régulièrement en opposition et les institutrices semblent dépassées et désarmées pour gérer ces situations qui leurs sont apparemment inhabituelles et nouvelles. En tant que maman, j’essaie de les guider au mieux mais, mon rôle n’est pas celui d’une institutrice ni d’une éducatrice. 
Je découvre que la classe se veut plutôt studieuse, elle accueille des adolescents trisomiques mais au profil sages et disciplinés, et notre Clémence ne semble pas rentrer pour le moment dans ce moule. 
Plutôt coquine, charmeuse, provocatrice, même actrice, elle n’hésite pas à jouer de ses atouts pour casser les pieds aux autres quand elle en a envie et apparemment cela marche! 
Mais je la connais ma Clémence, même par cœur, mieux que personne! Je sais combien elle a besoin d’être tout de suite cadrée, avec des règles précises bien posées, pour pouvoir se défaire de cet état d’opposition qui en général ne dure pas longtemps et qui la freine dans ses apprentissages. C’est à demi mots que j’ai essayé de soumettre quelques idées et conseils, pour que le « démarrage » se fasse dans de bonnes conditions, mais l’équipe enseignante semble vouloir se débrouiller, je n’insiste donc pas. 
Presque inévitablement les choses au lieu de s’arranger se compliquent très vite, s’enveniment même …
On me sollicite de plus en plus souvent avec des coups de téléphone, pour venir chercher plus tôt Clémence, qui perturbe la classe. 
D’un caractère compréhensif je sers les dents et ravale mes pensées de frustrations, pour essayer de comprendre, je me dis qu’en effet cela doit déranger les autres élèves et fatiguer les maîtresses et que je me dois d’intervenir pour les soulager même si, je trouve cette situation pas totalement normale et que cela perturbe aussi mon emploi du temps . 
Puis des mails nous sont envoyés avec des directives de restrictions du temps d’école, d’horaires aménagées … c’est le pompon, je sens une immense colère montée sans que je puisse la freiner, j’ai cette moche impression que l’on veut « chasser » Clémence et c’est alors tout mon cœur de mère qui est secoué, j’ai l’impression de glisser dans un gouffre d’incompréhensions. 
Clémence a le droit d’aller à TEMPS PLEIN à l’école, c’est un DROIT non une option! 
Je suis sincèrement désolée que son comportement soit parfois gênant et je me sens souvent impuissante. Pourtant ces dernières semaines Clémence a montré de beaux efforts, mais qui restent apparemment insuffisants, l’évolution semble trop lente et fragile. 
Ce qui me déstabilise c’est aussi le contraste entre la maison et l école . Clémence est très sage à la maison et ne pose aucun problème…
Alors quoi?
Je dois pouvoir être toujours disponible en tant que maman pour venir chercher ma fille à tout heure de la journée quand les maîtresses ( qui pourtant ont choisies de travailler avec des personnes handicapées ) n’arrivent plus à gérer? 
Je dois pouvoir garder Clémence à la maison certains matins pour l’emmener plus tard pour soulager la classe? 
Je dois me résoudre à accepter que ma fille ne soit plus scolarisée à 100 % dans une classe qui se veut pourtant pour enfants handicapés? 
Je dois accepter que ma fille ne puisse pas du coup, participer a toutes les activités qu’elle aime et qui lui font du bien, en particulier le poney dont elle a été privée aujourd’hui? 
Je dois me faire à l’idée que Clémence doit être scolarisée en pointillés? 
Je ne comprends pas. 
Bien sûr on ne me le dis pas ouvertement mais je comprends très vite que Clémence n’a pas réellement sa place dans cette classe et qu’il serait préférable peut être que nous cherchions une autre solution. 
Suis je une mère trop exigeante, casse pied et pas assez attentive aux difficultés que peuvent aussi rencontrer les institutrices?
Je suis rongée par cette peur que notre fille puisse être déscolarisée. 
Rongée par l’inquiétude de ne pas trouver un autre établissement. 
Rongée de devoir sans cesse me battre pour faire valoir des droits.
Rongée de n’avoir pas toutes les solutions.
Et aussi je suis tout simplement fatiguée 

Les larmes ne coulent jamais longtemps, demain sera un autre jour! 
On garde confiance . 

Agnès

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