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Les Montagnes russes

Mes joies de maman sont grandes et nombreuses, autant que le sont aussi parfois mes difficultés. C’est un peu les montagnes russes. 
Il m’est tellement facile de l’aimer notre Clémence, cela ne me demande aucun effort. Cet amour maternel si naturel et inépuisable, ne fait que me porter et me guider dans les situations où je ne suis pas forcément bien armée. 
Comme j’aime plonger mon regard dans le sien pour ressentir cette sensation d’intime douceur, je m’enivre de ce souffle d’amour qui me redonne l’envie et l’entrain nécessaire et, qui m’aide à occulter la présence du handicap parfois encore trop présent dans mes pensées. C’est vrai j’aimerai quelquefois pouvoir l’oublier cette fichue trisomie, pouvoir la chasser! Car elle m’engendre des peurs et des tracas inutiles. Malgré les années, je m’enlise encore dans mes questionnements qui restent trop souvent sans réponses exactes. 
Il m’est souvent difficile de trouver toujours l’énergie pour affronter avec patience les imprévus du quotidien.
Il m’est souvent difficile de devoir simplement accepter, de ne pas tout comprendre. 
Il m’est souvent difficile de concevoir que cette trisomie reste un éternel mystère dont je n’ai pas la clé. 
Finalement moi je suis juste une mère lambda, qui n’a pas trouvé de formule miracle pour se défaire de toutes ses inquiétudes, ni de notice explicative pour élever un enfant différent alors souvent je tâtonne, je vacille entre mes fatigues et mes lassitudes, mes satisfactions et mes joies multiples. Je me cogne encore bien souvent contre mes propres émotions si souvent contradictoires! 
Cette trisomie je l’aime autant que je la déteste, elle m’attire autant que je la fuis, elle m’est compréhensible autant que mystérieuse, elle m’émerveille autant qu’elle m’interroge, elle me donne autant qu’elle m’épuise. Elle me réconforte autant qu’elle m’inquiète. Elle me construit autant qu’elle me trouble. Elle est tienne autant que je la voudrai mienne. 
J’ai la sensation d’être tiraillée sans cesse entre deux mondes, celui «de Mr tout le monde» et celui du handicap. Je marche comme sur un fil et je tangue au risque de tomber pour mettre un pied dans un monde ou dans l’autre. C’est un peu le jeu du hasard car avec notre Clémence rien n’est certitude tout est surprise, alors on s’adapte . On met nos vies au diapason , en unissant nos différences, nos besoins, nos envies et nos cœurs, pour que chaque jour soit toujours une nouvelle possibilité de pouvoir faire mieux, une nouvelle possibilité de pouvoir être heureux, une nouvelle possibilité de pouvoir encore et encore aimer.

Agnès

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