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A la quête du Bonheur

Il m’est déjà arrivée de me demander quelle vie nous aurions pu avoir si Clémence n’avait pas été porteuse de cette anomalie chromosomique et si cette trisomie avait réellement changé quelque chose dans nos projets de vie et dans notre recherche du bonheur. 
Est ce que notre vie aurait été plus réussie?
Est ce que notre quotidien nous aurait été plus facile?
Est ce que nous aurions été finalement plus heureux?
Est ce que Clémence aurait été plus heureuse?
Est ce que cette trisomie est réellement si encombrante?

Tous ces questionnements peuvent sembler inutiles et n’avoir pas grands intérêts car Clémence est bien porteuse de la trisomie 21 et rien ne pourra jamais changer cela. On peut se demander alors si toutes ces reflexions ont un sens, pourtant oui elles en ont bien un! 
Il est important de pouvoir témoigner, démontrer, expliquer, affirmer que la trisomie de notre fille ne nous a pas empêché de construire notre vie à notre image et de concrétiser ces projets que nous avions avant sa naissance .
Cette trisomie n’a pas été un obstacle à aucuns de nos bonheurs!
Même si cette trisomie reste pour nous un éternel mystère difficilement perceptible, difficilement compréhensible, encrés dans la confiance nous l’acceptons ainsi. 
Notre Clémence n’est ni une difficulté, ni une épreuve, ni un accident de parcours. Elle est un être à part entière qui a été profondément désiré, attendu et aimé pour tout ce qu’elle est, et telle qu’elle est.
Accueillir humblement cette trisomie dans la spontanéité de nos sentiments sans se meurtrir de questions, l’ adopter doucement et l’intégrer dans notre vie c’est pouvoir aimer Clémence dans sa totalité!  
Nous savons aussi qu’au delà de cette fâcheuse étiquette, Clémence est bien plus que cela, sa trisomie ne fait pas tout d’elle. Son corps qui  » dysfonctionne », perturbé par ce chromosome en plus, dérègle son petit être mais son âme elle, est restée intacte! 

Ce n’est donc pas notre fille qui nous a fait verser ces quelques larmes, mais bien cette « annonce » marquante, déstabilisante et douloureuse. C’est elle seule qui nous a fait fléchir et nous a remplie de doute. Nous, êtres si souvent fragiles si désorientés, effrayés devant la différence, nous avons peut être simplement eu peur d’aimer. 
Par confort nous aurions sûrement préféré rester dans un schéma de vie classique. 

Alors finalement qu’est ce qui nous rend heureux?
Et qu’est ce qui pourrait nous empêcher de l’être? 
Est ce que la différence, le handicap, la trisomie pourrait être une entrave à notre bonheur? 

Je pense profondément que Nicolas et moi nous sommes heureux et nous ne l’aurons pas été plus si Clémence n’avait pas été trisomique. 
Même si ce n’est ni un souhait, ni une chance d’avoir un enfant porteur de handicap, notre fille telle qu’elle nous a été donnée est une source vive, de joies et d’amour en abondance. 
Je pense aussi ne pas me tromper en disant que Clémence est épanouie. Notre fille aura la vie que nous voudrons bien lui offrir, nous ses parents, responsables de son bonheur, le lui façonnons chaque jour. 

Faisons un pied de nez à cette trisomie! 
Tout est réalisable.
Tout est adaptable.
Tout est possible.
Et rien n’est inaccessible.
Tant que l’envie et l’amour sont présents. 

Un enfant porteur de handicap est d’abord un enfant avant d’être un handicapé.
C’est un droit de pouvoir être aimé. 
C’est un droit de pouvoir être heureux. 
Le bonheur se conjugue autrement que dans la normalité. 

 » Ma Clémence, cette trisomie fait partie de toi, elle est tienne, elle est mienne, elle est nôtre ».

Agnès

1 réponse sur « A la quête du Bonheur »

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